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    Contexte

    Potentialités et opportunités de développement au Cameroun.

    Le Cameroun possède de nombreux atouts physiques, notamment 402 km de côte, une diversité agro-écologique, et un sous-sol qui regorge de ressources minières importantes.

    Estimée à 16 millions d'habitants en 2OO3, la population Camerounaise, devrait atteindre 2O millions en 2O1O et 25 millions en 2O2O. De cette population, 71% se trouve concentrée sur moins de 34% de la superficie totale du pays, avec une densité moyenne de 32 habitants/km² qui varie selon les régions. La population urbaine, ne cesse de croître au détriment de celle qui réside en milieu rural.

    Les enjeux du développement du secteur rural

    Le secteur rural reste toujours le moteur de la croissance économique camerounaise. En fait, malgré le poids des produits pétroliers, le secteur rural continue d'être la première source de devises, contribuant à environ 55% aux exportations totales, aussi bien en produits agricoles que sylvicoles. En outre, le secteur agricole contribue significativement à l'emploi (regroupant 60% de la population active) et à la sécurité alimentaire. En plus des spéculations végétales, animales, halieutiques ou ligneuses, les activités en milieu rural concernent également le commerce, l'artisanat, et l'exploitation minière.

    Plusieurs institutions interviennent pour le développement du secteur rural. Celles -ci vont des Ministères aux organisations professionnelles agricoles, en passant par les organismes parapublics, les collectivités locales décentralisées, les Comités de développement, et les ONG.

    Malheureusement, le développement soutenu du secteur agricole reste fortement contraint par un certain nombre de facteurs. Alors que les difficultés d'accès aux facteurs de production (terre, intrants, crédit, et main d'œuvre) contraignent directement les niveaux de production, les contraintes d'accès aux marchés, la dégradation du cadre de vie et, la faible gouvernance en milieu rural, en se resserrant sur la productivité, ralentissent la dynamique de développement dans le secteur agricole.

    La consommation des engrais est restée relativement faible, à cause d'une faible organisation des réseaux de distribution et des prix élevés de ces produits.

    La distribution de pesticides et les traitements phytosanitaires quant à eux sont aujourd'hui presque totalement entre les mains d'opérateurs privés. Face à l'incomplétude de la réforme, le marché ne répond que faiblement à la demande, avec des prix qui sont encore élevés et une qualité le plus souvent absente.

    Le financement en zone rurale se heurte très souvent à la faiblesse de la capacité d'épargne et de remboursement du crédit. Les banques commerciales ne sont pas intéressées par le financement du secteur rural, alors que les établissements de micro finance font montre de limites majeures, notamment en ce qui concerne la modicité des enveloppes de crédits, des taux d'intérêt élevés, et leur forte concentration en milieu urbain. Au-delà des instruments de production rudimentaires, la main d'œuvre agricole est encore globalement sous-qualifiée tandis que les techniques de production demeurent archaïques, bien que les projections de production soient ambitieuses, comme on peut le voir dans le tableau ci-après :

    Production (en milliers de tonnes)

    Croissance annuelle (en %)

    2001
    Estimation 2005
    Projection 2010
    Projection 2015
    2001/2005
    2005/2010
    2010/2015

    Céréales

    1341

    1686

    2345

    3294

    5,9

    6,8

    7,0

    R&T

    3517

    3836

    4916

    6319

    2,2

    5,1

    5,2

    Légumineuses

    263

    300

    402

    538

    3,4

    6,0

    6,0

    Oléagineux

    209

    239

    321

    430

    3,4

    6,1

    6,0

    Légumes

    1278

    1405

    1837

    2400

    2,4

    5,5

    5,5

    Fruits

    2019

    2282

    3067

    4076

    3,1

    6,1

    5,9

    Huile de palme

    140

    177

    248

    350

    6,1

    7,0

    7,1

    Cacao

    123

    140

    188

    280

    3,3

    6,1

    8,3

    Café arabica

    10

    10

    13

    15

    0,0

    5,4

    2,9

    Café robusta

    50

    50

    72

    93

    0,0

    7,6

    5,3

    Coton

    220

    270

    330

    400

    5,3

    4,1

    4,0

    Source : SDSR, Synthèse du volet Agriculture et développement rural (construit à partir des données de FAOSTAT)

    La production dans les filières cacao et cafés

    Les principaux facteurs et contraintes agissant sur les problématiques de la production, de la commercialisation et du fonctionnement et de l'organisation des OP ont été présentés au cours des séminaires, commentés et enrichis par les participants et ont servi de cadre aux travaux de groupe portant sur l'identification des besoins d'appui. En effet, il est apparu important de relier les besoins exprimés aux contraintes pour pouvoir estimer l'effet et l'impact prévisible des appuis sur le développement des filières.

    Problématique de la production

    Le constat général indique (i) un vieillesse du verger et son faible renouvellement, (ii) les faibles rendements de la production, (iii) une disponibilité faible du matériel végétal (iv) de nombreux projets et programmes intervenant sur la production.

    Au-delà de ces éléments, certaines évolutions sont à prendre en compte car elles agissent directement sur l'intervention du CICC et du PACICC:

    • Evolutions dans le profil de la population des producteurs: vieillissement des producteurs traditionnels, arrivée de jeunes effectuant un retour à la terre (ils disposent de force de main d'œuvre mais manquent de capitaux et rencontrent parfois des difficultés d'accès au foncier), arrivée de travailleurs (urbains) investissant dans la production, arrivée de retraités (urbains) revenant au village (ils disposent de capitaux mais rencontrent des difficultés pour effectuer les travaux (main d'œuvre)). Ce changement de profil provoque de nouvelles attentes des producteurs et doit être pris en compte en terme de fonctionnement et d'organisation des OP.

    • Déplacement des zones de production du fait des variations climatiques et de la pression foncière. D'autre part, les zones de croissance (nouvelles plantations) sont limitées et très localisées.

    • Evolutions liées à la longue période de prix bas qui a provoqué plusieurs comportements: (i) un abandon total de l'activité de production agricole; (ii) un abandon plus ou moins marqué de l'entretien des plantations et une récolte de type cueillette; (iii) une destruction du verger (surtout café) au profit de la production de cultures annuelles

    • Evolutions récentes liées à l'amélioration des prix du cacao suite à la crise ivoirienne qui offrent de nouvelles opportunités. Certains facteurs de la problématique ont un poids moindre du fait des nouvelles conditions économiques (le coût des intrants notamment) mais certains facteurs deviennent limitant pour la relance des filières (la disponibilité en matériel végétal).

    Conclusion : les axes d'intervention face à cette problématique pourraient être:

    • Accompagner la relance liée à l'évolution des prix en agissant notamment sur les facteurs limitants.

    • Améliorer la productivité pour augmenter la compétitivité des filières et aider à faire passer les périodes de prix bas.

    • Valoriser l'augmentation des prix au profit de la production (nouvelle plantation, équipement, fonds de roulement).

    • Anticiper les évolutions actuelles et futures (nouveaux producteurs, nouvelles zones).

    Problématique de la commercialisation

    Le constat général indique (i) une faible rémunération des producteurs; (ii) une diminution globale de la qualité des productions; (iii) une faible organisation de la commercialisation; (iv) la frilosité des banques à financer la commercialisation.

    Au-delà de ce constat, des éléments essentiels sont à prendre en compte: (i) la confiance des producteurs dans leurs organisations est toute relative et pèse sur la réalisation d'actions collectives notamment à caractère économique; (ii) les stratégies individuelles, notamment en terme de commercialisation, prévalent; (iii) les différents acteurs des filières ont une faible conscience collective; (iv) la téléphonie mobile offre de grandes opportunités pour la diffusion de l'information; (v) l'adhésion des différents acteurs à l'approche interprofessionnelle reste encore limitée malgré l'obtention de certains résultats; (vi) la question des normes sanitaires des produits exportés est encore peu appréhendée alors qu'elle constitue un futur défi majeur pour la profession (et qu'elle impliquera un effort de l'ensemble des acteurs)

    Conclusion : il est constaté que:

    • L'augmentation des prix agit peu sur les différents facteurs agissant sur la problématique de commercialisation. Au contraire, elle accentue le poids des contraintes.

    • La levée des contraintes peu être rapide et provoquer des effets importants au niveau des producteurs mais les autres acteurs de la filière ne sont pas nécessairement motivés pour résoudre les contraintes qui les avantagent aujourd'hui.

    • L'adoption d'une approche collective (OP) et concertée (interprofession) est impérative pour améliorer les conditions de commercialisation.

    Problématique des OP

    Le constat général indique: (i) une confiance relative des producteurs dans leurs OP et entre eux pour les activités à caractère économique; (ii) des niveaux de fonctionnement extrêmement variables entre les OP; (iii) une fragilité économique et financière importante des OP.

    Il faut également noter que la présence d'un environnement économique propice pour le développement des OP et des producteurs est encore faible et pèse sur le développement des OP mais offre des opportunités d'actions en termes de services à rendre aux membres.

    Conclusion : les axes d'intervention face à cette problématique pourraient être:

    • Améliorer les performances des OP et restaurer la confiance des membres

    • Les outils et méthodes d'amélioration sont connus mais peu appliqués

    • La mise en œuvre de ces améliorations dépend en grande partie de la volonté des membres

    • Les problèmes sont souvent identiques entre les OP; cependant, au-delà des réponses communes, l'adaptation des réponses à chaque OP semble indispensable.

    • Etablir un code de déontologie pour « assainir » les OP.

    • Favoriser l'adaptation des OP aux exigences des partenaires et des autres acteurs pour qu'elles valorisent au mieux leur environnement économique.

     
     
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